hervĂ© beaudouin  -  benoĂ®t engel   I   architectes

MAISON DES ASSOCIATIONS  -  Saint Romans-les-Melle (Deux-Sèvres)  - 1996  - Architecte : HervĂ© Beaudouin

 

 

Le village de Saint-Romans-Les-Melle est exceptionnel.

Le site, parfaitement préservé, est vallonné.

La qualité du bâti ancien est particulièrement riche, même dans les bâtiments les plus modestes.

Une magnifique petite église romane, située dans un vallon, est un des plus beaux éléments.


Tout «apport» nouveau devait donc faire l’objet d’une attention particulière afin de s’intégrer au mieux dans cet ensemble remarquable.
L’architecture et l’implantation du bâtiment ont donc Ă©tĂ© longuement Ă©tudiĂ©s pour rĂ©gler un certain nombre de contraintes. 
Le bourg possède plusieurs espaces, simplement engazonnés, formant place.

Ces espaces sont appelés localement des «plans».

La position sur un de ces «plans» formant la place principale a été retenue de préférence à des emplacements plus périphériques.

De plus, l’ancienne salle vétuste était située sur cette place.

La vocation de l’endroit a donc Ă©tĂ© maintenue. 
Cet équipement est très important pour la vie du village et fait partie de l’ensemble existant très proche : commerce (Multiple rural), café, restaurant, Poste, Mairie.

Le lieu permet Ă©galement d’absorber les besoins en stationnement «avec douceur» sans crĂ©er de parking important qui risquerait de dĂ©figurer l’endroit. 
La place est fragile, l’objet architectural doit être simple, archétypal, unitaire.

La forme circulaire est une forme ramassée, dense, qui minimise l’impact.

Le bâtiment est composé suivant un dessin géométrique d’une simplicité rigoureuse.

Un volume rectangulaire correspondant à la salle, enserré par un cylindre correspondant aux annexes.

L’éclairage naturel provient de coupoles zénithales occultables par un rideau électrique.

Une architecture simple, une architecture de la «durée».

L’objet architectural doit être simple, comme cette simplicité que l’on rencontre dans l’architecture romane

et ne pas être une architecture inscrite dans une mode fragile et éphémère par définition.

L’architecture doit être la plus intemporelle possible.

Nous avons donc choisi de faire une architecture de murs, de parois et de grands aplats.

Le choix des matériaux est essentiel, il doit suivre cette simplicité.

De plus, il doit permettre de s’accomoder de la durée.

L’architecture doit accepter la notion de patine.

Nous avons donc choisi d’utiliser, à l’extérieur, que des matériaux naturels qui garantissent une patine parfaitement homogène avec le village existant.

Sans être régionnaliste, le bâtiment est directement lié aux traditions constructives locales.

 

Les péripéties :

Le projet a fait l'objet de recours contre le permis de construire de la part de l'ancien Maire qui avait été battu aux élections,

et de quelques habitants, partisans, bien choisis...

Des pétitions ont été signées avec des signatures, bien éloignées du village.

Malgré cela, malgré les mauvais conseils de la Députée locale de l'époque, bien connue par ailleurs,

la Maire et l'équipe municipale ont parfaitement porté le projet.

Les opposants souhaitaient extrader cet équipement à l'extérieur du village.

L'équipe municipale, au contraire voulait en faire une occasion unique de vie de d'activité, au coeur du bourg.

Ce projet a fait l'objet de nombreuses publications dans des revues d'architecture en France et Ă  l'Ă©tranger.

 

PRECISIONS TECHNIQUES :


La pierre

La pierre provient exclusivement de récupération, suite à la démolition d'une grange dans une ferme.

L'entreprise n'ayant pas la quantité de pierre suffisante, une opération atypique de troc a été faite par la Commune.

On est pas dans l'orthodoxie administrative en marchés publics... mais c'était pour la bonne cause.

Les pierres ont été triées par taille, car nous souhaitions un montage en pierre sèche avec des rangs de hauteur continue, sur toute la périphérie.

Nous avons aussi demandé à l'entreprise de ne surtout pas nettoyer les pierres et de conserver soigneusement leur patine, lichen at autre mousses.

C'est un exemple "d'Ă©conomie circulaire" que nous pratiquons depuis 1976.

 

Le bardage en châtaignier :

La rĂ©gion du Mellois est caractĂ©risĂ©e par des "terres rouges Ă  châtaignier". 

Cet arbre est donc très présent, localement et en plus de la récolte des fruits son bois est utilisé sous de multiples formes.

De nombreux bâtiments agricoles sont couverts de bardages en lattis en châtaignier.

Nous nous sommes inspirés de ces bâtiments, pour trouver un mode de mise en oeuvre rapide, efficace et économique.

Pour ce faire, nous nous sommes appuyés sur le savoir faire d'un artisan local qui a été chargé de faire le travail.

Traditionnellement les lames étaient fendues, ceci avait pour intérêt de limiter les risques de fendage, une fois en place.

Il n'existe quasiment plus de fendeurs de lattes, localement et en tout cas la quantité nécessaire était relativement importante.

Les lames ont par conséquent été sciées dans la petite scierie dont disposait l'artisan.

L'astuce que nous communiqué l'artisan, c'est qu'une fois les arbres abattus et débités dans sa scierie,

il fallait les travailler "verts" sans faire sécher le bois, ainsi il ne fend pas, de plus c'est économique, car il n'y a pas d'énergie à utiliser pour le séchage.

Le travail a donc été fait avec du bois vert, "flux tendu".

(Ce principe très intéressant a fait l'objet à, l'époque, d'un article dans la revue "Séquences Bois")

Les pièces de bois sont débitées à 1 mètre, nous avons donc utilisé une trame de 90 cm.

L'épaisseur est très fine : 1cm.

Des panneaux ont été préfabriqués, en atelier, puis assemblés sur place.

2 intérêts : le travail en vert est immédiat et le montage est très simplifié sur site.